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(Bacchus17 Janvier-Février)
La vinification des vins moelleux et liquoreux est basée sur le principe de la surmaturation des raisins. La surmaturation est le moment où le raisin ayant atteint sa taille et son taux de sucre maxima commence à perdre de l'eau et donc se concentre en sucre. Plusieurs techniques permettent d'arriver à la surmaturation du raisin :
La méthode du passerillage qui consiste à laisser le grain sur le cep se concentrer en se flétrissant. La plupart des vins moelleux de France sont issus de cette technique. Elle possède plusieurs variantes qui sont élaborées sur les grains de raisins déjà vendangés. On peut laisser sécher les raisins au soleil, on peut les suspendre dans une pièce aérée ou on peut les laisser sur un lit de paille comme on le fait pourles vins de paille dans le Jura.
La méthode de surmaturation par la botrytisation. On l'obtient grâce au concours d'un champignon microscopique : le botrytis cinéréa. L'intervention de ce champignon provoque une pourriture dite noble qui s'attaque à la pellicule du grain de raisin et la digère. Mais le développement de cette pourriture nécessite des conditions climatiques bien précises.
En effet il faut une période humide pour que le champigonon puisse se développer et ens uite il faut une période très ensoleillée pour pouvoir concentrer les baies de raisins. Ces conditions sont en général réunies dans les vallées des fleuves. L'exemple le plus connu est celui du Sauternais où le petit cours d'eau appelé le Ciron permet aux appellations de Sauternes et de Barsac de bénéficier, grâce à l'humidité du cours d'eau, de conditions idéales pour le développement du botrytis. Les brumes matinales que l'on voit sur le vignoble sont dissipées par le soleil après deux ou trois heures, ce qui permet aux champignons de s'attaquer aux raisisns. Durant l'après-midi, le soleil et la chaleur vont permettre à l'eau de s'évaporer à travers la pellicule du raisin devenue perméable. La durée d'une botrytisation de bon niveau est de trois à cinq semaines. Il est très rare de rencontrer une période de temps idéal aussi longue. L'action du botrytis ne peut intervenir que lorsque le raisin est bien mûr. Son état sanitaire doit être irréprochable car lorsque le raisin est blessé, la pourriture qui s'attaque au raisin n'est plus noble mais aigre.
Les grains de raisins ne doivent être cueillis qu'au stade final de la botrytisation. Ils sont alors flétris et on les dit alors "rôtis". A ce stade, le raisin possède un aspect et un goût proches de ceux des raisins de Corinthe, bien que ces derniers soient de taille un peu plus petite. Si le grain est cueilli au stade de départ de la botrytisation, il ne possède pas les caractères du grain botrytisé, il est alors appelé "pourri plein". La vendange ne doit pas être faite en cueillant grappe par grappe, mais bien grappillon par grappillon, voire même grain par grain lorsque la botrytisation n'est pas uniforme sur une partie de grappe.
On peut en effet trouver sur une même grappe les différents stade de la botrytisation : raisins simplement arrivés à maturité, raisins pourris pleins ou raisins rôtis. Les vins liquoreux et moelleux sont issus de fermentation incomplète, ils sont doux pour deux raisons : l'arrêt spontané de la fermentation ou l'arrêt technique de la fermentation pour conserver un quantité de sucre voulue. Les plus grands vins liquoreux et moelleux s'obtiennent par l'arrêt spontané de la fermentation..
C'est ce sucre restant après fermentation ou "résiduel" qui va donner la qualification de moelleux ou liquoreux. Pour un vin moelleux il faut au minimum 12 à 45 grammes de sucres résiduels par litre de vin. Pour un vin liquoreux il faut minimum 46 grammes de sucres résiduels par litre de vin. Mais pour certains vins celà peut aller à plus de 100 grammes ! Les vins moelleux et liquoreux ont un potentiel de garde beaucoup plus élevé que les vins blancs secs. Ils gagnent à vieillir quelques années.
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